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Changer d’heure ne change rien.Sauf si tu ne comprends pas ce que ça change.

  • Photo du rédacteur: Thierry Ferrari
    Thierry Ferrari
  • 28 mars
  • 3 min de lecture


Il s'est réveillé en retard. Mais l'heure n'avait pas changé.

Il est 5h47.


Comme chaque matin depuis des années, Marc ouvre les yeux avant que le réveil sonne. Son corps connaît l'heure par cœur.

Mais pas ce matin-là.

Oui ce matin-là, quelque chose cloche.

Une légère nausée, une pensée qui dérape, une impression d'avoir dormi de travers sans vraiment savoir pourquoi. Il se lève quand même. Douche, café, réunion à 9h.


À 10h, il prend une décision qu'il regrette dans l'heure. À midi, il s'énerve pour un mail qui, la veille, ne lui aurait pas coûté un regard.

Le soir, il rentre épuisé. "Je suis à plat en ce moment, je manque totalement d’énergie", dit-il à sa femme.

Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que tout a commencé à 3h du matin.

Quand l'heure a changé.

Chaque année, le même débat revient.

Il y a ceux qui s'en moquent, ceux que ça agace, ceux qui militent pour sa suppression.

Je fais d’ailleurs partie de ces derniers, et je vais être direct : modifier artificiellement l'heure est une absurdité.


C'est ni le rythme du corps, ni la logique biologique, ni la simplicité que l'on devrait rechercher.

C'est une décision administrative qui donne l'illusion de maîtriser le temps… alors que le corps, lui, n'obéit pas à une horloge politique.

Mais ce n'est pas vraiment de ça dont je veux te parler.


Que ce passe-t-il dans ton corps pendant ces 72 heures ?


Ton corps, lui, ne change pas d'heure.

Il tourne avec ses propres cycles, immuables : le cortisol au réveil, la montée progressive de l'énergie, la baisse en fin de journée, la mélatonine qui prépare le sommeil.

Tout cela reste identique. Même si l'horloge affiche autre chose. Et c'est précisément pour ça que quelque chose se dérègle, légèrement mais réellement.

On a moins de clarté, un peu plus d'irritabilité, voire une sensation diffuse de décalage que tu ne sais même pas nommer.

Bien sûr, rien de dramatique.

Mais un impact réel. La plupart des gens le subissent sans y penser. Ils continuent au même rythme, prennent les mêmes décisions, s'exigent le même niveau de précision. Comme si leur système était parfaitement stable.

C'est là que Marc commet son erreur.

C'est là que commence la tienne, si tu n'y prend pas garde.


Le vrai piège n'est pas le décalage.

C'est ce que tu en conclus. Quand ton système est légèrement perturbé, ta responsabilité n'est pas de faire comme si de rien n'était.

C'est de comprendre ce qui se passe et d'adapter ton fonctionnement.

Ca peut être simple.

Mais c'est rarement fait.

Prends le temps d’alléger certaines décisions, de reporter ce qui n'est pas essentiel. Accepte temporairement une baisse de régime plutôt que de forcer une performance artificielle.

Au fond, Remettre du mouvement, du lien, du rythme pour rééquilibrer ce qui a été décalé.

Parce que si tu ne le fais pas, tu glisses dans le même piège que Marc.

Tu te sens moins bien,  tu te crois moins performant,  tu ralentis ou tu doutes, en quelques jours, tu as transformé un simple décalage physiologique en perte de confiance.

Alors que ton corps est simplement en train de se recalibrer.


Ce que Marc comprend le soir du troisième jour c’est en lisant un article sur le changement d'heure. Là, il reconnait tout.  La décision regrettée, le mail qui l'avait énervé, la fatigue inexpliquée.

Il n'était pas "à plat". Il était décalé. Ce n'est pas la même chose.

L'un est un état. L'autre est un passage.

On peut débattre de l'abolition du changement d'heure, et je pense sincèrement que ce serait une bonne chose, et tout le monde repousse ce débat d’année en année. Mais en attendant, il existe. Et il reviendra.


La vraie différence ne se fait jamais sur la règle. Elle se fait sur la manière dont tu y réponds. Ton énergie n'est pas un hasard. C'est un pilotage. Et ce pilotage commence toujours par une prise de conscience simple : tu ne contrôles pas le cadre. Mais tu contrôles la façon dont tu t'y ajustes.

Alors je sais, demain matin, quand l'heure aura changé, que tu ne te demandera pas si c'est une bonne ou une mauvaise idée. Tu te demanderas en fait si tu es capable de t’adapter sans te dégrader.


Parce qu'au fond, ce n'est jamais le changement qui pose problème. C'est souvent la façon dont tu l'absorbes.


À samedi prochain. Thierry.

 

 
 
 

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 2024 par Thierry Ferrari Performance

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