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L’urgence n’est jamais une qualité. C’est toujours un symptôme.

  • Photo du rédacteur: Thierry Ferrari
    Thierry Ferrari
  • 16 févr.
  • 2 min de lecture

Je croise énormément de personnes qui me disent :« Moi, je suis plus productif quand je suis acculé.

Quand il y a urgence, je n’ai plus le choix. »

pfff


Je comprends ce qu’elles veulent dire.

Mais je vais être clair : c’est une illusion.

Oui, sous contrainte extrême, le cerveau peut produire un sursaut.

Le cortisol monte.

Le focus se resserre.

L’hésitation disparaît.

Mais ce n’est pas de l’efficience. C’est de la compression.

On ne devient pas meilleur. On devient plus rapide… en sacrifiant la finesse, la vision, la stratégie, parfois même le sens.


Ce que beaucoup appellent “productivité sous urgence”est souvent une simple suppression des alternatives.

Il ne reste qu’une option, alors on agit.

Pas parce que c’est juste.

Parce qu’il n’y a plus le choix.

L’urgence donne l’illusion de l’importance.

Elle occupe.

Elle remplit les agendas.

Elle flatte l’ego.

On se sent indispensable.

Utile.

Au cœur de l’action.

Mais derrière cette agitation, une vérité dérangeante apparaît : si tout est urgent, c’est que rien n’a été réellement anticipé.


Le cerveau adore l’urgence.

Elle active le cortisol.

Elle rétrécit le champ de vision.

Elle donne une fausse sensation de contrôle.


En réalité, l’urgence enferme. Elle pousse à décider vite… mais rarement juste.


Il faut remettre les choses à leur place.

L’urgence n’est pas un mode de fonctionnement performant. C’est un signal d’alarme.

Dans un système bien préparé, l’urgence est rare.

Elle existe parfois, bien sûr. Mais elle n’est ni permanente, ni glorifiée.


Quand l’urgence devient chronique,ce n’est pas un signe de courage.

C’est le symptôme d’une dette stratégique.

Quelque chose n’a pas été pensé à temps.

Quelque chose a été repoussé.

Quelque chose a été évité.

L’urgence n’apparaît jamais par hasard.


On cite souvent les soignants comme exemple de performance sous pression.

Et c’est vrai : ils savent gérer l’urgence et je l’ai pratiqué bon nombre d’années.


Mais on oublie l’essentiel.

Chez eux, l’urgence n’est jamais improvisée. Elle est préparée. Répétée.

Protocolisée. Entraînée.


Quand l’urgence survient, ils n’inventent rien.

Ils appliquent ce qui a été travaillé bien avant, à froid, hors pression.

Ce n’est pas l’urgence qui les rend efficaces. C’est la préparation qui leur permet d’agir dans l’urgence.

Et ce principe est valable partout ailleurs.

En entreprise.

En négociation.

Sur scène.

Dans la vie.

L’urgence subie épuise. L’urgence préparée s’exécute.


Sur scène, c’est exactement la même chose.

Un conférencier qui “gère” dans l’urgencene crée pas un moment fort. Il rattrape.

La maîtrise visible est toujours le résultat d’une préparation invisible.

Le calme sous pression n’est jamais un don. C’est un travail.


Dans mon métier, je le vois sans cesse : ceux qui glorifient l’urgencesont souvent ceux qui n’ont pas eu le courage de préparer plus tôt.


Alors la vraie question n’est pas : comment devenir plus efficace dans l’urgence ?


La vraie question est : qu’ai-je préparé aujourd’hui pour ne plus avoir à subir demain ?


Parce que l’urgence n’est pas un moteur.

C’est une alarme.

Et tant que tu confonds vitesse et stratégie,tu continueras à courir… sans jamais vraiment avancer.


 
 
 

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 2024 par Thierry Ferrari Performance

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