Le vide après la victoire : ce que ton cerveau ne te dit pas
- Thierry Ferrari
- 13 déc. 2025
- 3 min de lecture

Il y a une chose dont personne ne parle.
On parle de la montée.
On parle de la pression.
On parle du stress, du focus, de la performance…Mais jamais du moment où tout s’arrête.
Et pourtant, c’est là que beaucoup se joue.
Cette semaine, j’ai vécu une ligne droite très dense :
deux conférences où je dois être entièrement présent,
une rencontre régionale de tir sportif où le podium n’était pas une option secondaire,
trois objectifs lourds, alignés dans la même semaine,
et, pour couronner le tout : la fin de mon année 2025 en termes d’objectifs.
Une semaine de folie, avec un seul moteur : l’intensité.
Pendant 7 jours, mon cerveau a tourné en mode “mission”.
Ça veut dire quoi, en neurochimie ? Ça veut dire :
Une dopamine haute (le désir, la poursuite, la projection),
De la noradrénaline haute (la vigilance, la concentration),
De l’adrénaline fluctuante (les pics),
Et du cortisol maîtrisé mais présent (parce qu’on joue serré). N’oublie pas qu’on est aversif au cortisol.
Pour être clair, je suis câblé pour avancer et pas pour m’arrêter.
Et puis… tout tombe.
par ce qu’une conférence, ça s’arrête.
par ce qu’un match, ça se termine.
et par ce qu’une semaine folle, ça se referme.
Et là, tu sens une fissure.
Un creux.
Un silence interne.
Le vide.
Attention, tu n’es pas déprimé.
Tu n’es pas fatigué.
Tu es en déficit neurochimique.
Je t’explique pourquoi c’est normal, parce que ce qu’on oublie de dire, c’est que :
👉 la dopamine chute après la réalisation d’un objectif.
👉 Elle doit chuter.
👉 C’est biologique.
👉 Et cette chute crée une sensation de “plus rien”. Une sorte de désynchronisation interne.
C’est pas que tu ne veux plus agir.
C’est que le cerveau ne sait plus quoi poursuivre.
Quand tu sors d’une période intense, tu n’as plus de direction immédiate.
Et un cerveau sans direction… c’est un cerveau qui tourne dans le vide.
On parle souvent d’enthousiasme, de performance, de discipline. Mais on oublie de parler de la descente, et c’est tout aussi important.
Ce moment où :
tu ne sais pas quoi faire de ton corps,
tu n’as plus le “stimulus”,
tu n’as plus la tension anticipatrice,
tu n’as plus de feedback immédiat.
Et ton cerveau, qui tournait comme une FERRARI sur autoroute😉… se retrouve dans un rond-point.
Il ne comprend pas.
Et pourtant, c’est normal.
C’est juste la redescente dopaminergique.
La sérotonine n’a pas encore pris le relais.
L’endorphine s’est dissipée.
L’adrénaline est retombée.Tu es en “entre-deux”.
Et bien le vide, c’est ça : un cerveau qui attend quelque chose… alors que tu n’as plus rien à lui donner.
Et tu sais pourquoi c’est essentiel de comprendre ça ?
Parce que si tu ne sais pas ce qu’il t’arrive, tu vas l’interpréter comme :
un manque,
un échec,
une lassitude,
un problème de motivation.
Alors que non. C’est juste une transition neurochimique.
Un SAS, qu’il faut respecter.
Pas le combler.
Pas le fuir.
Pas le dérégler.
Il s’agit de :
laisser les neurotransmetteurs se stabiliser,
reconstruire une base sérotoninergique (stabilité),
redonner un objectif léger pour relancer doucement la dopamine,
éviter la surcompensation (nouveaux objectifs précipités, agitation, agitation mentale).
Cette semaine, j’ai tout donné.
Et ce samedi… je ne vais plus rien chercher. Juste publier ma newsletter hebdomadaire.
Je ne cherche pas à briller.
Je ne cherche pas à performer.
Je ne cherche même pas à comprendre.
Je laisse descendre, stabiliser, revenir.
C’est ça, la vraie maturité mentale : ne pas confondre la baisse de dopamine avec la perte d’envie.
Le vide n’est pas un ennemi.
C’est une chambre d’écho. Celle qui te permet d’entendre ce qui revient quand la poussière retombe.
Si tu viens de vivre une période intense, ne t’étonne pas du creux.
Il est normal.
Il est utile.
Il est nécessaire.
Tu ne retombes pas. Tu redescends.
La question n’est pas : “Pourquoi je me sens bizarre ?
”La vraie question est : “Suis-je en train de laisser mon cerveau se recalibrer ?”
Commence petit.
Respire.
Laisse passer.
Reviens doucement au mouvement choisi.
Pas pour performer. Mais pour te réaccorder.
Le vide n’est pas un danger. C’est un espace. Celui où tu redeviens disponible pour la prochaine étape.
À samedi prochain.
Thierry.
(Et pour comprendre ce phénomène de manière simple et actionnable, "Un mental à toute épreuve" , aux éditions Gereso, explique comment fonctionnent tes cycles neurochimiques… et comment les dompter au lieu de les subir.)









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