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Toute décision prise sur un système physiologiquement sous-alimenté est une décision dégradée

  • Photo du rédacteur: Thierry Ferrari
    Thierry Ferrari
  • 20 déc. 2025
  • 3 min de lecture


On parle beaucoup de décisions, de stratégie, de lucidité, de leadership, de choix “importants”.

Et je suis convaincu qu’on oublie un truc fondamental, presque gênant tellement il est simple : 

on ne décide jamais bien quand le système est sous-alimenté.


Et quand je parle de système, je ne parle pas de motivation.

Je parle du corps, je parle du cerveau, je parle de physiologie.


Combien de décisions as-tu prises ces derniers mois en étant :

  • en déficit de sommeil,

  • en baisse d’énergie,

  • sous pression prolongée,

  • avec un cortisol installé depuis trop longtemps ?


Et combien de fois as-tu appelé ça :

“un choix rationnel”,

“un manque de clarté”,

“une hésitation”,

“une erreur de jugement” ?


Alors que ce n’était ni un manque de volonté, ni un problème de mental.

C’était juste un système affamé.

Un cerveau sous-alimenté, au sens physiologique, ne cherche pas la justesse.

Il cherche la survie.

Et la survie, ça produit toujours les mêmes décisions :

  • éviter,

  • raccourcir,

  • sécuriser,

  • choisir le court terme,

  • fermer des options plutôt que d’en ouvrir.


Tu crois réfléchir.

En réalité, tu compenses. Je sais, c’est dur.

Tu crois analyser. En réalité, tu économises de l’énergie.

Parce que le cerveau est un organe vorace. Il consomme à lui seul 20% de l’énergie disponible

Quand l’énergie baisse, il ne devient pas stupide…il devient conservateur.

Et un cerveau conservateur prend rarement de bonnes décisions pour l’avenir.


On inverse tout. On demande aux gens de mieux décider, alors qu’ils devraient d’abord mieux s’alimenter physiologiquement.

Et je ne parle pas uniquement de nourriture.

Je parle de :

  • sommeil réel,

  • récupération nerveuse,

  • respiration,

  • exposition au calme,

  • rythme respecté,

  • énergie disponible.


Quand ces éléments sont absents, le cerveau bascule dans un mode dégradé.


Et dans ce mode-là :

  • la vision se rétrécit,

  • la patience disparaît,

  • la créativité chute,

  • l’audace devient une menace.


Tu ne prends pas une “mauvaise décision”.

Tu prends la meilleure décision possible… avec un système appauvri.

C’est pour ça que je dis souvent : avant de décider quoi faire, demande-toi dans quel état tu décides.


Un système bien alimenté produit :

  • des décisions plus lentes mais plus justes,

  • une meilleure tolérance à l’incertitude,

  • une capacité à tenir la tension sans paniquer,

  • une vision plus large du temps.


Un système sous-alimenté produit :

  • des décisions rapides mais pauvres,

  • des renoncements déguisés en “choix raisonnables”,

  • des compromis présentés comme de la sagesse.


Et après, on s’étonne de ne pas aimer sa propre trajectoire.

Dans mon métier, je le vois régulièrement. Les gens ne manquent pas d’intelligence. Ils manquent d’énergie disponible.

Ils viennent me parler de décisions professionnelles, personnelles, sportives…Et très vite, on se rend compte que le problème n’est pas le choix.

C’est l’état du système qui choisit.

Un cerveau reposé n’a pas la même lecture du monde qu’un cerveau sous tension chronique.

Ce n’est pas une opinion. C’est du fonctionnement humain de base.


Alors voilà la vraie question à te poser avant toute décision importante :mon système est-il en capacité physiologique de décider correctement ?


Si la réponse est non : ne décide pas.

Récupère.

Stabilise.

Alimente.

Parce qu’une décision peut attendre quelques heures… mais une trajectoire dégradée peut te coûter des années.


Décider, ce n’est pas un acte mental.

C’est un acte physiologique.

Et tant qu’on refusera de regarder ça en face, on continuera à appeler “mauvais choix”ce qui n’est en réalité qu’un corps en déficit.



À samedi prochain.Thierry.


(Et pour comprendre comment l’état du corps conditionne directement la clarté mentale et la capacité d’action, « Un mental à toute épreuve », publié chez Gereso, pose les bases sans raccourci et sans bullshit. Dans toutes les librairies)

 
 
 

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